04 juillet 2010

LA ROUTE

la_routeJ'avais entendu parler de ce film voici un petit moment, mais après en avoir lu des critiques négatives, j'avais hésité à le regarder. Et puis j'ai franchis le pas un soir en le voyant sur un site de streaming !
Autant vous dire tout de suite que je n'ai eu alors qu'un seul regret : ne pas avoir visionné ce film bien avant ! Pourquoi donc allez vous me demandez ? Parce qu'il s'agit purement et simplement d'un chef d'œuvre. Nous avons ici affaire sans aucun doute au plus magnifique et terrifiant film post-apocalyptique du 7ème art.
Dix ans après une apocalypse dont on ne saura rien à l'exception de ce que racontera un vieil homme dans le film (il y a eut un grand éclair dans le ciel), dans un monde en perdition où toute nature semble avoir disparue, un homme et son fils font route en direction du sud des Etats-Unis.
Pourquoi vont-ils vers le sud ? On ne le saura jamais concrètement mais on imagine qu'ils espèrent y trouver un espoir de continuer à vivre, car oui le monde dans lequel ils évoluent est tout sauf joyeux. Les arbres morts s'écroulent sur leur chemin, des tremblements de terre se déclenchent de manière aléatoire, le ciel est constamment obstrué par de gros nuage noirs et menaçant, la température ne cesse de descendre de jour en jour, la nourriture fait cruellement défaut et à ce titre, certains des quelques rares survivants ont palliés au problème en pratiquant le cannibalisme.
La Route est sans aucun doute l'une des évocations les plus noire qu'il m'ait été donné de voir sur la désolation et le thème de la fin du monde. Le réalisateur John Hillcoat ne nous épargne en rien des agissements des derniers survivants à travers des images glaçantes, telles que ce passage où un groupe d'homme poursuivent une femme et sa fille dans le but très certainement de les manger, ou encore la découverte abominable dans une cave dont je ne dirai rien ici.
Les acteurs Viggo Mortensen et le jeune Kodi Smit-McPhee sont tout bonnement formidables dans leur rôle respectif, qu'ils campent avec justesse et sensibilité. Le père se montre toujours près au pire pour défendre sa progéniture tandis que le fils s'accroche désespérément à son âme d'enfant. L'innocence et la générosité de ce dernier se heurtent d'ailleurs plusieurs fois aux pragmatisme et la violence du premier, comme cette scène poignante où le père dépouille un voleur jusqu'à le laisser nue comme un ver sous les protestations déchirantes du fils, qui désire aider l'homme bien que celui-ci les ait lui-même détroussé quelques minutes plus tôt.

LaRoute_devastation

Les paysages traversés par les deux personnages du film sont à la fois splendides et effroyables. Ce qui les rend d'autant plus impressionnant est le fait qu'il s'agisse de décors naturels. Le film a ainsi été tourné dans pas moins de 60 décors différents dans des conditions climatiques particulièrement difficiles. Ainsi, tout ce que nous voyons à l'écran est réel, il n'y a aucun CGI nulle part ce qui rend, comme je le disais plus haut, les images absolument terrifiantes et magnifiques.
Les réalisateurs et scénaristes américains ont souvent tendances à plomber le final de leurs films par un happy end pas toujours bienvenu. En ce qui concerne La Route, John Hillcoat a sut trouver un juste milieu très touchant, porteur d'un certain espoir mais que l'on devine extrêmement fragile. L'enfant va continuer son périple mais pour combien de temps ?
J'aime les univers post-apocalytiques et pour moi celui de La Route est sans conteste le plus poétique, fascinant et terrifiant que je n'ai jamais vu. Du Grand cinéma ! 

Posté par Nobuko à 22:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur LA ROUTE

Nouveau commentaire